Embauche difficile

La proportion de salarié(es) ayant déjà été victimes d’une discrimination lors de la recherche d’un emploi a presque doublé en vingt ans, passant de 12% en 2001 à 21% en 2021, révèle une récente enquête de l’IFOP.

Attitude du patron souvent déplaisante

Ces discriminations à l’embauche varient sensiblement en fonction du genre, de l’âge ou du niveau social, mais les variables les plus lourdes sont d’ordre « ethnico-culturelle » : la proportion de victimes d’une discrimination lors de la recherche d’un emploi étant très largement supérieure à la moyenne chez les personnes « non-blanches », les minorités religieuses musulmanes ou protestantes ou les salariés de nationalité étrangère.

L’entretien, l’examen du CV et la réflexion consécutive au rendez-vous, sont les phases du processus d’embauche où la discrimination se fait le plus sentir, sachant que les femmes sont toujours plus nombreuses que les hommes à en avoir été l’objet.

L’entretien n’est pas seulement un moment de discriminations au sens strict mais un moment d’exposition à tout une palette de (micro-)agressions qui affectent les minorités en tout genre et plus particulièrement les femmes, remarques désobligeantes liées aux origines, propos déplacés liées aux croyances religieuses et moqueries liées à leur prénom ou leur nom de famille.

Le sexisme subi au cours d’un entretien apparait quant à lui comme un phénomène en nette hausse : 19% salariées ont déjà subies des propos déplacés ou des remarques désobligeantes liées à leur sexe, soit une proportion qui a plus que doublé en vingt ans (7% en 2000). Et comme pour le harcèlement sexuel au travail, l’étude montre que ces propos sexistes affectent particulièrement les femmes homo ou bisexuelles et celles travaillant dans des secteurs à dominante masculine (ex : BTP).

Lors des entretiens, il arrive aussi aux Françaises d’être exposées à des formes de harcèlement sexuel et sexiste encore plus graves. Le poste pourrait leur être accordé à condition qu’elles cédent à des avances sexuelles ou à condition qu’elles portent des tenues plus sexy.

De même, une femme sur quatre s’est déjà vue demandé si elles comptaient avoir prochainement un enfant ou si ces responsabilités familiales étaient de nature à altérer ses disponibilités pour le travail. L’apparence physique, obésité, port de signe religieux, peut également être discriminatoire.

Cette enquête montre que ces discriminations à l’embauche mettent en jeu plusieurs problématiques – le genre, la classe et la « race » – mais aussi plus largement tous les mécanismes de dévaluation des individus situés en dehors des normes.

contact: lyon-presquile@orange.fr

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