Un engagement total

Une exposition-hommage consacrée à Jacques Truphémus, peintre lyonnais du 2e arrondissement, décédé à l’âge de quatre-vingt-quinze ans au mois de septembre 2017, est actuellement accrochée au Musée des Beaux-Arts.

Transparence et lumière

Cette présentation se décline à travers une trentaine d’œuvres et une dizaine de photos, sur le thème des cafés lyonnais, thème qui lui était particulièrement cher – « car en voie de disparition » estimait-t-il – selon un accrochage chronologique qui montre l’évolution de sa peinture et s’inscrit dans l’art de la cité. « Les vitres et les verrières des cafés qu’il s’attache à peindre, permettent de considérer l’intérieur comme l’extérieur de ces lieux, dans une structure très lumineuse » souligne la directrice Sylvie Ramond.  Ses peintures sont en demi-teinte, dans une ambiance feutrée, cette thématique appelle à la poésie. Bien que l’exposition soit quelque peu empreinte de mélancolie, les personnages réunissent leur solitude dans les cafés, elle révèle un peu d’humanité et de chaleur dans ces atmosphères bruyantes et enfumées.

Le silence de la peinture

S’il était célèbre et reconnu à Lyon,  il fut pendant longtemps méconnu au-delà. Pourtant, ses peintures sont uniques, c’est dans le silence de l’atelier qu’il peaufinait ses toiles.

Né à Grenoble en 1922, il est à Lyon une vingtaine d’années plus tard, pour étudier à l’école des Beaux-Arts. Tombé amoureux de la capitale des Gaules, il ne repartira pas, sauf pour se rendre dans la maison qu’il avait acquise dans les Cévennes.

Son ami l’écrivain Louis Calaferte disait « sa peinture a une voix discrète, prenante et insidieuse et est empreinte de contemplation, de silence, d’intimité et de volupté ».

Son œuvre lumineuse, faite de gestes tendres et de couleurs est très diversifiée : scènes lyonnaises, paysages des Cévennes, portraits ; il faut prendre le temps de lire ses tableaux, car comme il le soulignait, « la peinture n’est pas faite pour les gens pressés »

Modeste et discret, cet artiste qui toute sa vie a tracé son propre chemin avec entêtement et modestie, a su conter sa ville, l’enchanter de sa sérénité bienveillante, et l’irriguer de sa lumière intérieure.

Cette grande figure de la peinture lyonnaise dont la palette a considérablement évolué au fil des les années, a été nommé Chevalier de la Légion d’honneur en 2013, ses peinture traversent magnifiquement le temps. A voir du 17 février au 23 avril 2018.

contact: lyon-presquile@orange.fr

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