Des traboules à la ficelle

Dans le cadre du festival « Novembre des Canuts », la bibliothèque du 1er arrondissement a permis à une centaine de personne de se replonger le samedi 25 novembre, dans le monde difficile des canuts.

Métier difficile

Au dix-neuvième siècle, ces ouvriers en soie, doivent avec l’invention du métier Jacquard, émigrer du quartier Saint-Georges à la Croix-Rousse, pour une question de hauteur sous plafond dans les appartements. Les traboules qui permettent de passer sous les immeubles d’une rue à l’autre, sont très appréciées à Saint-Georges, les croix-roussiens n’hésitent donc pas à en faire aménager.

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source: i-canut.com

C’est ainsi qu’après avoir tissé durant plusieurs jours ou semaine leur pièce de soie, il la prenne sur l’épaule et la descende par la montée de la Grande Côte ou la montée Saint-Sébastien, chez le fabricant qui se trouve dans la presqu’ile. Ce dernier ne fabrique rien, mais l’ensemble des fabricants, nombreux à cette époque, forme « la Fabrique ».

Les révoltes de 1831 et 1834 n’ont pas changé grand-chose, c’est toujours le fabricant qui fixe les prix après avoir méticuleusement vérifié le tissu, et à chaque défaut relevé, enlevé quelques sous. Et le canut doit plier, car souvent il y a une autre commande après, car si le fabricant mange quand il a faim, le canut mange quand il a le pain !

L’argent, nerf de la guerre

Toute la journée, le bruit des métiers résonne dans les rues de la Croix-Rousse, la fabrication bat son plein, mais le fabricant veut gagner encore plus d’argent. Les allées et venues des canuts transportant leurs pièces du plateau à la presqu’ile sont une perte de temps. Afin de leur permettre de gravir plus rapidement la colline, « La Fabrique », appuyée par le préfet Vaïsse et le Général de Castellane gouverneur de Lyon, imagine la construction d’un chemin de fer qui irait des Terreaux à la Croix-Rousse.

                                                                              source: delcampe.net

C’est ainsi qu’en juin 1862 est inauguré le funiculaire de la rue Terme comportant une voiture dans chaque sens. C’est un principe révolutionnaire, tracté par câble, d’où l’appellation « La Ficelle », qui effectue le trajet en trois minutes, pour dix centimes. Il s’agit d’une première mondiale qui facilite grandement les échanges entre fabricants et canuts. Mais ces derniers la trouvent trop chère !

C’est seulement vingt-neuf ans plus tard, en 1891 qu’un autre funiculaire est inauguré à l’est de la colline, côté Saint-Sébastien et Croix-Paquet. Le trajet dure également trois minutes, mais le prix est de moitié, cinq centimes. De ce fait ce funiculaire va enlever un tiers de sa clientèle à celui de la rue Terme !

En 1967, après cent cinq ans de service, les canuts n’existant plus, ce dernier est condamné au profit de l’automobile, et la voie de passage de la Ficelle va devenir un tunnel routier.  De son côté la ficelle Croix-Paquet cessera aussi ses allées et venues en 1972, pour devenir en 1974, la ligne C du métro.

En un siècle, ces deux funiculaires ont transporté des milliers de voyageurs, sans jamais être défaillants, et restent aujourd’hui dans le cœur des soyeux !

contact: lyon-presquile@orange.fr

Source : delcampe.net

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