Musée des Tissus, gardons espoir !

Une réunion publique concernant le Musée des Tissus a été organisée le mercredi 15 février par le collectif Canutopie, au lycée La Martinière Diderot, dispensant plusieurs formations liées au textile.

Marcher sur la culture lyonnaise
Fermer le musée, c’est blesser la mémoire lyonnaise, se débarrasser de la soie, enlever à Lyon son savoir et un pan de son histoire, car les soieries lyonnaises sont réputées depuis la Renaissance.
Après la Révolution, nait l’idée d’un musée pour relever la Fabrique. Progressivement la Chambre de Commerce va donc organiser des collectes de tissus de maisons françaises et étrangères, et ainsi va naitre en 1864 le Musée d’Art et d’Industrie, au Palais de la Bourse, qui en 1891 devient le Musée technique des Tissus. Pendant la deuxième guerre mondiale, les collections sont mises à l’abri à l’extérieur de Lyon, puis entre 1945 et 1950 reviennent à l’Hôtel de Villeroy pour bientôt former le plus grand Musée des Tissus du monde. Entre temps, en 1925 était né le Musée des Arts décoratifs, dans l’Hôtel de Lacroix-Laval.
« Ces deux institutions ont en grande partie, dont les bâtiments, été constitués grâce aux dons des lyonnais, indique Marie-Annick Lavigne historienne, s’en séparer, c’est brader leur patrimoine ».couturierprofesseur, journaliste, ministre, conservateurn continent fleur
D’autres musées, tels ceux des Télécom ou de l’Hôtel-Dieu ont déjà disparu. En ce qui concerne celui des tissus, après deux ans de lutte, l’avenir reste sombre, malgré les quelques avancées obtenues, comme son maintien jusqu’à fin juin 2017. Mais après c’est l’incertitude !
L’espoir réside dans la formidable mobilisation venant de toutes parts, la pétition a recueilli cent quinze mille signatures et des commentaires émanant de grands couturiers, professeurs, journalistes, ministres, conservateurs de musées de tous les continents sont arrivés par milliers. Ce musée mondialement connu est un fleuron de la culture lyonnaise et française.
Les collections, d’une importance capitale pour la ville, renferment des pièces uniques au monde. « Ces lieux ont une âme, affirme le collectionneur Daniel Frumann, ce musée a joué un grand rôle dans le développement culturel de la ville qui bien souvent doit sa forme et son architecture aux tissus exposés, à leurs trames et dessins». La soierie a formé le tissu urbain !

Quelques avancées, mais le temps presse
Depuis 2014, la Chambre de Commerce s’interroge sur l’avenir de ces musées. Elle souhaite les vendre, mais personne ne semble vouloir soutenir la culture lyonnaise. Le directeur du Louvre contacté, répondra qu’il n’en veut pas « car il n’est qu’un musée industriel ! ». Une dynamique commence alors à se mettre en place, les lyonnais se mobilisent, mais la ville refuse toute participation Finalement l’Etat s’engage un peu, la région et la CCI suivent, les entreprises textiles également. Sous la pression, Gérard Collomb maire de Lyon se voit contraint début 2017, de faire une première proposition. « Mais tout cela est loin d’être terminé, assure Canutopie, le combat doit être poursuivi de manière extrêmement déterminée, d’autant que ce musée a contribué au classement de Lyon au Patrimoine Mondial de l’Unesco « .

contact: lyon-presquile@orange.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.