L’Hôpital de la Charité

Les Amis de la place Antonin Poncet qui travaillent pour l’entretien et la valorisation de la place éponyme, ont fait une étude historique sur l’Hôpital de la Charité, qui a été présentée le lundi 19 janvier à l’amphithéâtre de la Grande Poste.

De l’aumône à l’hôpital

En 1529, une grande sécheresse a régné sur la région lyonnaise, de ce fait une multitude d’affamés sont arrivés à Lyon. Afin de les aider, le Consulat, la municipalité de l’époque, crée des aumônes dans la ville, qui vont se réunir en 1533 pour former l’Aumône Générale qui va s’installer au couvent des Cordeliers, à laquelle doivent s’inscrire les pauvres, ils n’ont plus le droit de mendier ! Les lyonnais sont généreux avec eux, dons, legs, loterie permettent de les nourrir vaille que vaille, car la situation est tout de même très difficile

                                                             Fonds des HCL

Au début du XVIIe siècle, Louis XIII autorise l’Aumône Générale à acheter un terrain jouxtant la place Bellecour, pour construire l’Hôpital de la Charité. L’architecte, le père jésuite Etienne Martellange fait un plan en damier très novateur pour l’époque, qui permet de recevoir des populations différentes, hommes, femmes, orphelins. La première pierre est posée le 16 janvier 1617. Une église sera construite très rapidement ; l’hôpital fort de quatorze bâtiments sera livré en 1633, et le clocher qui trône aujourd’hui place Antonin Poncet, en 1647. Il accueille environs mille pauvres, mais doit nourrir plusieurs milliers de personnes dans l’année.

Seul le clocher reste

Afin de s’agrandir, l’hôpital achète en 1745, le tènement du monastère des religieuses de Sainte-Elisabeth ce qui lui permet d’occuper tous les bâtiments, jusqu’à la rue Sala. Mais la charge financière est très voire trop lourde. En 1761 il est obligé d’emprunter pour la première fois, de réduire le nombre de personnes accueillies à six cent cinquante, de placer les enfants à la campagne et de louer certains espaces.

Puis la Révolution est une période très difficile au cours de laquelle les bâtiments sont endommagés et la distribution de pain suspendue. En 1797, sous l’impulsion de Napoléon Bonaparte, les Hospices Civils de Lyon rassemblant l’Hôtel-Dieu et l’Hôpital de la Charité sont créés. Puis une partie de ce dernier, à l’emplacement actuel du Sofitel, est vendue à l’armée pour devenir un hôpital militaire.

De 1834 à 1852, l’hôpital subit une restauration et une modernisation importantes, il prend alors une orientation mère-enfant. Nombre de lyonnais naquirent à la Charité !

Dès le début du XXe siècle, les hôpitaux ne sont plus les bienvenus en centre-ville. L’Hôtel-Dieu serait  amené à disparaitre, mais une partie est alors classée, et les deux hôpitaux vont jouer un rôle important pendant la première guerre mondiale. Dans les années 1920 décision est prise de construire un hôpital à Grange-Blanche qui sera livré en 1933, la Charité n’a plus d’utilité et sera détruite en 1934; ainsi est née la place Antonin Poncet. Cependant, suite au soulèvement des lyonnais, la maire Edouard Herriot décidera de sauvegarder le clocher !

contact: lyon-presquile@orange.fr

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