La première guerre, c’est Verdun

Soudain, les ténèbres se déchirent, ils s’attendent à tout ! Comment ont-ils tenu tout au long de cette bataille qui a duré dix mois, et dont la France, plutôt mal partie, sortit vainqueur ?

Anéantir l’Exagone – Six mois plus tôt, les allemands occupent dix départements français, et réquisitionnent tout sur leur passage. « Nous protestons contre la folie meurtrière de cette guerre » clament les femmes qui travaillent à l’usine en remplacement des hommes.

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Les allemands savent que français et anglais préparent une grande offensive sur la Somme, aussi vont-il attaquer dans un lieu relativement isolé, Verdun. Ayant la meilleure artillerie du monde, ils pensent anéantir les français rapidement, et ainsi renforcer le prestige de l’empire allemand. Les préparatifs de la bataille, dont les français n’ont pas l’air de se douter, sont faits dans le plus grand secret. Verdun est la première place-forte française, entourée de plusieurs citadelles, dont le puissant fort de Douaumont. Le bois des Caures, situé à une dizaine de kilomètres de la ville bénéficie de peu de défense.

Côté français, le colonel Driant remarque des activités suspectes dans le secteur et avertit l’état-major, mais Joffre très occupé par les préparatifs de la bataille de la Somme, ne l’admet pas, et ignore les avertissements, bien que les allemands renforcent leur défense et leur artillerie. Certains alsaciens, déserteurs allemands, préviennent alors d’une attaque imminente, ce qui fait réagir le général en chef qui envoie alors des unités.

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Retardée de quelques jours par la neige et les intempéries, l’attaque a lieu le 21 février 1916, la zone du bois des Caures est ravagée, un million de bombes est largué dès le premier jour, les français résistent et contre-attaquent ! Cependant, les allemands avancent, mais les renforts arrivent et les inondent, ce qui ne les empêche pas de continuer leur inexorable progression vers le fort de Douaumont. Joffre décide alors de barrer la route, mais malgré cela, le fort est pris. Les allemands espèrent que c’est le symbole de la victoire et de la paix … Verdun est sévèrement touché, les morts se comptent par milliers « Tu ne peux savoir ce que l’homme peut faire contre l’homme » écrit un soldat à son épouse. Il faut tenir !

Pas question de reculer – Pétain est alors nommé général en chef de Verdun. Il traite les troupes humainement, et prend des mesures énergiques, fait acheminer quatre mille camions et double les effectifs à quatre cents mille hommes, découpe les champs de bataille en secteurs, et ramène la confiance. C’est toujours l’enfer, les allemands avancent mais se trouvent arrêtés par le feu des canons. Pétain réclame toujours plus d’hommes et de munitions. La route entre Bar le Duc et Verdun exclusivement réservées aux convois et à l’acheminement militaires, devient La Voie Sacrée. Les hordes allemandes déferlent sur la Meuse, mais les poilus résistent vaillamment. « Ce ne sont plus deux armées qui s’affrontent, mais deux peuples » relève un journal allemand. Dans ce paysage dévasté, les hommes perdent leurs repères, ils s’enlisent dans la glaise, certains voient venir une mort lente.

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En Avril, les allemands essaient de prendre Verdun en tenailles, mais les lignes françaises ne bougent pas. Pétain s’écrit alors « Courage, on les aura ». Agacé par ce général trop demandeur, Joffre le remplace par Nivelle. Face aux bombardements massifs, certains deviennent fous, et ne retrouverons jamais leurs facultés. Les vivants côtoient les morts, il y a des cadavres partout, cependant l’optimisme règne chez les français qui en Mai envoient mille tonnes d’obus par jour sur le fort de Douaumont, sans parvenir à le reprendre, ils sont en difficultés.

Les russes, par leur attaque à l’est, soulagent le front de Verdun. En juin la bataille de la Somme qui va durer jusqu’en novembre et faire un million de morts, divise encore les forces allemandes, qui épuisées vont se rendre par milliers. Après des bombardements monstrueux, les français reprennent enfin le fort de Douaumont en Octobre, puis d’autres places, si bien que le 18 décembre l’état-major déclare la bataille de Verdun terminée.

Cette ville est devenue le symbole de l’esprit patriotique. Sur ce front de vingt kilomètres où plus de sept cents mille hommes sont tombés, s’est déroulée une page inoubliable de l’héroïsme et de la souffrance humaine, neuf villages ont été à jamais rayés de la carte, ils sont « morts pour la France ».

Au cours de ces trois cents jours et trois cents nuits de 1916, a eu lieu l’une des plus grandes et tragiques batailles de l’histoire, rien ne préparait les soldats à un tel déluge de feu. L’armée française avec le soutien de ses alliés, a consommé la défaite ennemie.

contact: lyon-presquile@orange.fr

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