Invisibles parmi les oubliés

Organisé par l’OIP (Observatoire International des Prisons) à l’occasion de la Journée Internationale du Droit des Femmes, une soirée a été consacrée le mercredi 7 mars à la mairie du 1er arrondissement, à la condition de ces dernières dans le milieu carcéral.

Isolement, première préoccupation

Les femmes sont largement minoritaires dans les prisons, elles ne représentent que 3,8% de l’effectif, mais ce n’est pas pour cela qu’elles ont des conditions plus favorables, au contraire. Elles ont des besoins différents de ceux des hommes, or elles se trouvent dans un milieu conçu pour des hommes, par des hommes.

Comme elles sont peu nombreuses –deux cent quarante dans la région et trois mille en France – il n’y a pas de centre de détention pour femmes, elles sont considérées comme des détenues ordinaires, et isolées dans un quartier de la prison, car la mixité est interdite. Elles sont traitées différemment des hommes, ont moins de travail, moins de détentes et peu de visites, car si les femmes vont voir leur mari ou frère en prison, l’inverse n’est pas le cas, d’où un isolement moral, leurs conditions de vie sont difficiles.

« Les jeunes mères peuvent garder leur enfant jusqu’à dix-huit mois, mais elles souffrent de la rupture du lien familial et en leur absence, les conditions de vie de la famille s’en ressentent » précise Corinne Rostaing, sociologue.
Le principe de la prison est de bannir le plaisir, tous ceux du quotidien, comme maquillage, vernis à ongle sont interdits, ce qui est très frustrant pour elles. Elles ont tout de même besoin de tendresse, aussi des couples homosensuels ou homosexuels peuvent se former, à côté des violences qu’elles s’infligent entre elles. La prison n’est pas pensée pour les femmes, elle est pour elles un espace de survie.

contact: lyon-presquile@orange.fr

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