D’hier à aujourd’hui

Il y a une dizaine d’années, les Hospices Civils de Lyon ont décidé de reconfigurer l’Hôtel-Dieu qui en 2019 sera livré complètement transfiguré ; un hôtel de luxe, des bureaux et des commerces  viendront agrémenter ce site réservé à la santé jusqu’en 2008 !

Concerto de l’homme et du matériau

Lors des fouilles entreprises avant la réhabilitation, des fresques et des pièces de monnaie du 1er siècle, débris jeté au bord du Rhône, qui aujourd’hui ont beaucoup de valeur, ont été retrouvées

Au 7e siècle, Childebert créa au bord de la Saône, la première unité d’accueil à Lyon, qui a été le premier défi entre la ville et la santé. Puis au 12e les  Frères Pontifes construisirent le premier pont sur le Rhône, ainsi que des bâtiments, ancêtres de l’Hôtel-Dieu, pour accueillir l’étranger arrivant par l’autre côté du fleuve.

Au 16e siècle, les recteurs  achètent des terrains et construisent un hôpital pour soigner le corps, l’âme et l’esprit, réalisé selon le plan cruciforme des Hôtels Dieu, avec cinq cours. Le Petit Dôme doté d’un autel magnifique – qui est redevenu un bijou – est flanqué de quatre tourelles,  et les fenêtres sont en hauteur de manière à ce que les malades ne soient pas au courant d’air, mais la contagion bat son plein, car ils sont souvent quatre par lit !

Au 18e, Jacques-Germain Soufflot, alors âgé de vingt-sept ans, va construire la façade donnant sur le Rhône, et le Grand-Dôme – dont la coupole a été aujourd’hui entièrement refaite –  qui incendié en 1944, sera reconstruit selon les plans exacts de l’architecte, mais dont la porte obstruée à cette époque, ne sera rouverte qu’en 2015 !

« Tout l’art de la taille de pierre ressort dans la coupole du cloitre effectuée sous le contrôle l’architecte Ferdinand Delamonce, précise Didier Répellin architecte en Chef des Monuments Historiques, lors d’une présentation organisée par les Amis du Musée des Beaux-Arts le lundi 7 janvier, les bâtisseurs et les maçons sont l’âme du monument, la valeur humaine transpire derrière les matériaux, bois, pierre, ferronnerie ».

En 1905,  le maire de Lyon veut détruire l’Hôtel-Dieu. Mais après une trentaine d’années de polémique, ce sera finalement l’Hôpital de la Charité, situé à quelques encablures, qui en fera les frais et sera démoli en 1933. Seul reste le Clocher de la Charité qui trône place Antonin Poncet.

Les commerces situé dans le passage de l’Hôtel-Dieu détruit en 1959 pour élargir la rue Childebert, faisaient partie de l’hôpital. Actuellement, la cour du Midi dotée d’une grande verrière, veut rappeler ce lieu dont nombre de lyonnais ont profité.

Pendant un an et demi, deux cents tonnes de matériaux ont été évacués chaque jour, ce qui a permis de retrouver des volumes intéressants jusque-là inconnus, ainsi que des arcades et des plafonds insoupçonnés.

contact: lyon-presquile@orange.fr

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