Des larmes qui durent

Organisée par Nouvelle Génération, association militante de la jeunesse arménienne, une marche aux flambeaux a eu lieu mardi soir au départ de la place Antonin Poncet, pour se rendre au consulat de Turquie, dans le 6e arrondissement, en préambule à la commémoration du génocide arménien, effectuée le mercredi 24 avril, sur la même place, qui a rendu hommage aux victimes de ce génocide et à leurs descendants.

Cent quatre ans de négationnisme

Cette marche interpelle, car nombreux sont les lyonnais et les français qui n’ont pas connaissance de ce génocide de 1915. Pourtant cette cause touche encore profondément les générations suivantes.  « Il est important de transmettre, affirme Lilit Hakobian, présidente de l’association, car cette cause nous lie tous, du fait que nous nous sentons aussi bien français qu’arméniens ». 

Une quarantaine de pays reconnaissent ce génocide, mais la Turquie, auteur des faits, refuse de l’accepter, ce que ne peuvent tolérer les descendants de ce peuple décimé. La France pour sa part, l’a admis depuis vingt ans, et la date du 24 avril qui depuis cette année est inscrite dans le calendrier national, représente un pas de plus vers la légitimité.

Cependant, le génocide n’est pas terminé, les mauvais traitements – massacres, invasions, blocus – infligés actuellement à l’Arménie, sont la preuve que c’est toujours un sujet d’actualité. « Il est de notre devoir de rester vigilants face aux attitudes de la Turquie vis-à-vis de notre mère-patrie » indique Raffi H.Krikorian président du Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France (CCAF). Personne n’oublie le million et demi d’Arméniens qui ont été exterminés en 1915, quand la plupart des autres ont dû prendre le chemin de l’exil « La mémoire relie, poursuit le président, nous sommes encore tous en deuil ». Les souffrances de ce peuple sont toujours présentes.

Les deux tiers de la population arménienne ont été lâchement assassinés, malgré l’intervention de l’occident. Ce premier génocide du XXe siècle a été suivi de plusieurs autres, pour en arriver jusqu’à l’Etat Islamique. « Nous vivons encore une période sombre, affirme Gérard Collomb maire de Lyon, la vie de chaque être humain est sacrée, quelle que soit son origine et sa culture ». C’est en sachant accepter les faces sombres de son histoire qu’un pays grandit, et permet l’apaisement des mémoires.

La France est aux côtés de ceux qui ont été frappés si cruellement, et leur conseille de garder confiance en l’Homme, qui un jour rétablira un monde de justice et de paix.

contact: lyon-presquile@orange.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.