De l’abbaye au musée

Les Journées du Patrimoine, qui ont lieu ce week-end, sont l’occasion de visiter de nombreux édifices lyonnais.

Le Palais saint-Pierre

Classé Monument Historique, ce beau bâtiment revêt un double intérêt. Son passé comme abbaye et sa fonction actuelle de musée.

La date de la fondation de l’abbaye n’est pas connue.  D’après les archéologues, les fondations  ne sont pas antérieures à l’époque carolingienne, mais il y aurait tout de même eu, place des Terreaux, une occupation antique.

Leidrade, archevêque de Lyon à l’époque de Charlemagne de 798 à 816, fait mention du monastère et de l’église Saint-Pierre, en précisant que l’abbaye, connue à cette époque sous le nom de Saint-Pierre les Nonnains compte trente-deux moniales régissant cent quatre-vingts domaines ruraux.

Au Moyen Age elle devient « le monastère des filles de Saint-Pierre » disposant de deux églises, Saint-Pierre de style roman et juste à côté  la chapelle Saint-Saturnin ou Saint-Sornin, plus petite, dont les moniales perçoivent les revenus.  C’est une abbaye très riche dotée de nombreuses terres à proximité de Lyon, tels les domaines de la Tour du Pin, de Saint-Priest, ainsi qu’un vaste domaine dans les Dombes.

Comme on peut le voir sur le plan scénographique de 1550, l’espace occupé par l’abbaye était assez vaste et débordait sur les rues avoisinantes (du Plâtre et Joseph Serlin), allant jusqu’aux pentes de la Croix-Rousse.

Abbaye royale

Les moniales qui régissent l’abbaye sont issues de la noblesse, des familles des comtes du Forez, des Comtes de Lyon, des Comtes de Savoie et de la Maison de Beaujeu.  Le Roi de France lui-même imposera des candidates dès le XIVe siècle. L’abbesse qui administre les biens du couvent, est désignée à vie et est sous l’autorité du pape et non pas sous celle de l’archevêque de Lyon.

Au cours du XIVe siècle des relâchements apparaissent dans la vie communautaire. Des sœurs habitent en dehors des couvents, dans des hôtels particuliers spacieux et le chapitre ne se réunit plus qu’une fois par an.  En 1503, elles sont sommées par le roi de reprendre une vie de clôture et de se plier à la règle de Saint-Benoît. Mais elles jugent cela trop dur et font appel au pape puis à la reine Claude de France. Elles sont alors expulsées. L’abbaye conserve ses richesses mais perd peu à peu son indépendance et ses privilèges, des filles de familles moins prestigieuses remplacent les moniales renvoyées. Finalement, en 1637, l’abbaye passe sous l’autorité de l’archevêque de Lyon et les abbesses sont désormais nommées par le roi.

Reconstruite en 1659, cette abbaye qu’on nomme alors « l’Abbaye royale des Dames de Saint-Pierre » qui est l’une des plus riches de France, tire des revenus importants en louant à des commerçants les échoppes aménagées au rez-de-chaussée du palais.

A la Révolution  en 1792, les congrégations religieuses étant supprimées, la trentaine de moniales encore présentes est expulsée. Heureusement, le palais ne sera pas détruit ni modifié. Seuls des décors intérieurs disparaissent et l’église Saint-Saturnin est détruite. En 1802, le musée des beaux-arts est créé en ce lieu.

contact: lyon-presquile@orange.fr

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