Chemin de mémoire

A l’occasion des trente ans du procès de Klaus Barbie, « le boucher de Lyon », la municipalité a consacré une journée, le jeudi 11 mai, sous l’impulsion de Jean-Dominique Durand adjoint délégué à la mémoire, pour rappeler aux scolaires et aux lyonnais, une époque et un procès qui ont marqué l’histoire.

Le retrouver à tout prix

De novembre 1942 au 3 septembre 1944, jour de sa libération, Lyon a vécu sous le joug de Klaus Barbie, SS qui était là pour élimine femmes, hommes et enfants non conformes à l’idéal arien.

Klaus Barbie @ D.R.

Une fois la ville libérée, Barbie s’enfuit, et personne ne savait où le trouver.  En 1954 a eu lieu un procès en son absence, qui le condamna à la peine de mort par contumace. Le parquet de Munich, après enquête, conclut que les crimes de Barbie n’étaient pas prouvés, et classa l’affaire.

C’est alors qu’en 1971, Serge Karlsfeld, avocat lyonnais s’élève contre cette décision, et va tout mettre en œuvre pour retrouver le coupable. « Mon épouse et moi avons mobilisé beaucoup de monde, juifs, résistants, et avons fini par apprendre qu’il vivait en Bolivie, sous une fausse identité ». Seulement il n’existe pas d’accord d’extradition entre la France et la Bolivie …

Finalement, suite à un changement de régime dans ce dernier pays, Barbie est renvoyé en France, et cueilli par la police à sa descente d’avion pour être emmené d’abord au fort Montluc, puis à la prison Saint-Joseph.

Un procès exemplaire

C’est alors, après les expertises psychiatriques d’usage qui ont décelé une personnalité conforme à l’idéologie nazie « il était impossible de lui faire prendre conscience de la réalité des faits, se souvient l’un des médecins, il n’avait aucun remord », que va s’ouvrir son procès le 11 mai 1987, auquel il ne sera présent que deux jours, son avocat Maitre Jacques Vergès lui ayant conseillé de se retirer. « Cette absence de l’accusé a permis aux victimes de se libérer et aux témoins d’exprimer leur colère leurs souffrances et leur chagrin, précise le président du tribunal André Cerdini, à partir de son départ ce procès est devenu celui des victimes ». Car il est certain que Barbie est à l’origine de la rafle de la rue Sainte Catherine le 9 février 1943, et de celle des enfants d’Izieux le 6 avril 1944 et qu’il a expédié de nombreux convois dans les camps de concentration, et donc à la mort.

Klaus Barbie sera condamné à la détention criminelle à perpétuité, et décédera le 25 septembre 1991 à la prison Saint-Joseph.

Les jeunes générations doivent être informées de ces faits, et regarder ce procès comme celui du présent, car les crimes contre l’humanité se perpétuent de nos jours (Rwanda, Syrie …), il faut être conscient que dans tout homme sommeille un tortionnaire.

Ce procès au cours duquel la justice a été rendue au nom du peuple français, a permis l’émanation de la Justice pénale internationale.

contact: lyon-presquile@orange.fr

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